Mardi 27 mai 2008
Avec naïveté, lors de la sortie de mon premier livre, je m'étonnais et m'offusquais même (oui, pourquoi pas ?) que les journalistes persistassent à m'interroger sur mon inspiration, la façon dont j'avais écrit, etc. Des thèmes connexes à mon texte. Quand je tentai de parler du livre, ils changeaient de sujet. Les journalistes ne sont-ils que des instruments au service d'une société assoiffée d'ordinaire ?
par Muriel Romana
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Lundi 26 mai 2008
Vient de paraître le cinquième et dernier tome de la correspondance de Flaubert.
Une correspondance, c'est encore plus intime qu'un journal du même nom. Par la lettre, l'auteur se livre comme jamais. Rien n'est plus émouvant, touchant qu'une correspondance. A travers la sienne, Flaubert laisse transparaître l'écrivain, le bourreau de travail, travail qui l'obsède, qui occupe sa vie, son sommeil, suinte par tous ses pores. Pour lui, écrire est une souffrance, parce qu'elle tend à cette perfection toujours espérée jamais égalée. A travers sa correspondance, on perçoit l'acharnement qu'il met à peaufiner chaque phrase, à chercher le bon rythme, la juste harmonie des mots. Même s'il parle du "grand ressort", avec lui, l'inspiration est un courant d'air. Elle ne fait que donner le premier (ou le dernier?) souffle. Même s'il disait "Madame Bovary, c'est moi", il ne se laisse pas dévoiler dans son oeuvre. Il laisse toute la place aux mots et à leur splendide gloire.

Aujourd'hui, l'écrivain est son oeuvre. Autofiction oblige, télévision superlative, l'écrivain  se montre, comme un livre ouvert, à travers ses mots. Beigbeider, Christine Angot, Houellebecq, dans une moindre mesure Virginie Despentes, par exemple, incarnent leur oeuvre et s'incarnent en elle. L'écrivain est un spectacle en soi. Ou il n'est rien. Ceux qui s'en défendent, comme Modiano, ou s'en sont défendus finissent par s'en faire une coquetterie.
Il restait Julien Gracq, qui, tel Flaubert, ne voulait de place qu'à l'oeuvre.

par Muriel Romana
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Samedi 24 mai 2008
Nilda Fernandez a dit: "nous avons de la chance, nous sommes le contenu. La crise actuelle, c'est celle du contenant".
C'est d'autant plus vrai que l'industrie du disque existe depuis moins d'un siècle.
Un peu plus pour celle du cinéma.
Ces deux médias ont connu autant de supports que de modes, mais n'ont pour autant jamais cessé d'exister, sans cesse en crise, toujours renouvelés.
Qu'en sera-t-il de la littérature ?
Tous les acteurs de la chaîne du livre s'attendent à recevoir un jour ou l'autre la vague qui les assommera de plein fouet avant de les balayer dans l'écume des nouvelles technologies.

Nous, auteurs, premier maillon de cette chaine qui est plus liée à nous que nous à elle, devons-nous la craindre?

Nous, le contenu.
La pensée restera toujours libre. J'avais écrit: restera toujours livre. J'ai corrigé. Je vais laisser, rétablir.
La pensée restera toujours livre.
par Muriel Romana
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Mardi 20 mai 2008
D'abord le titre, pas terrible. Pourquoi pas "le lecteur" ? Mauvaise traduction (de l'allemand) ?
Ensuite, le sujet : comment l'illétrisme conduit à commettre des atrocités à son corps défendant ?
C'est traité avec beaucoup de compassion pour le bourreau, avec même une certaine complaisance à l'égard de ce personnage victime de son inculture. Comme si la culture seule faisait l'humanité.
Enfin, le prétexte : montrer l'éducation sexuelle et sentimentale d'un adolescent par une femme mûre.  Cliché !

Bon, allez, je prends un Agatha Christie pour revenir à des fondamentaux.
par Muriel Romana
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Mercredi 14 mai 2008
Dans notre monde virtuel autoproclamé, quelle est la place du corps?
Inventé par avatar interposé.
Dématérialisé par message électronique.
Encré, tracé, mesuré, fiché, bientôt jusqu'à la moindre goutte de sang sur les documents biométriques.
Plus que jamais, nous serons ce que notre corps sera.
Le corps, enveloppe charnelle, terrestre, est en passe de passer de contenant à entité autosuffisante. Le culte du corps se déplace imperceptiblement.
Quelles conséquences pour l'esprit?
par Muriel Romana
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Mardi 13 mai 2008
Paru dans Libé aujourd'hui:

Huit empreintes digitales et par-dessus tout la création d’une base de données centralisée baptisée Delphine : c’est le nouveau passeport biométrique créé par décret par le gouvernement qui a fait fi de l’avis négatif de la Commission nationale de l’informatique et des libertés.
«Nous n’avons pas obtenu les éléments qui permettent de justifier la création de cette banque de données», affirme la Cnil. Elle souligne en outre que la France va plus loin que le règlement européen, qui ne prévoit pas de conservation des données en base centrale et suggère le recueil de l’empreinte de deux doigts seulement.

Le gouvernement de Vichy utilisa le fichier des Français juifs pour les rafles de juillet 1942.


par Muriel Romana
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Dimanche 4 mai 2008
Une curiosité. La langue y tient une place particulière, avec un argot assez recherché, daté d'un temps que je n'ai pas connu. Le plus intéressant est la façon dont le personnage interpelle le lecteur régulièrement, ou même son propre auteur.
"L'affaire est déjà réglée avec l'assurance. Là, je reconnais la main de mon auteur. Avec sa manie de tout arranger, il a dû leur dire de traiter ça comme pour lui."
Quand il s'adresse au lecteur, ça peut donner ça:
"J'ai les mains crispées au fauteuil et je remarque quelque chose... je ne vous dis pas encore quoi."
Transparaît par moment l'amour de Boris Vian pour le cinéma:
"Si j'avais le cinéma, je vous ferais un gros plan".
La chute est assez bien tournée, avec le père mafioso devenu flic.
C'est pour ces raisons que j'ai continué ma lecture, parce qu'autrement, le personnage est assez imbuvable: mysogyne, raciste, violent, homophobe. Rien ne nous est épargné.
Je préfère le Boris Vian de L'ÉCUME DES JOURS.

par Muriel Romana
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Jeudi 24 avril 2008
""Comment j'ai été gardé à vue", nouveau genre littéraire", voilà comment Le Monde rend compte de l'augmentation spectaculaire de ce droit policier (deux fois plus de gardes à vue depuis 2000). A peu près n'importe qui peut être placé en garde à vue pour à peu près n'importe quoi.
Pourquoi existe-t-il de plus de plus de récits de GAV ?
Peut-être parce que ceux qui en sont victimes ont été choqués de la façon dont ils ont été traités d'une part, et du caractère arbitraire de le mise en garde en vue. Peut-être qu'ils ont besoin d'en témoigner au monde, de ne pas taire les conditions et les effets secondaires (Stéphane Lhomme raconte que deux ans après la saisie de ses ordinateurs, il ne les a toujours pas récupérés) de cette pratique.
Peut-être aussi qu'il s'agit d'un effet mécanique dû à l'explosion du nombre de gardes à vue.
La garde à vue est une survivance d'une police inquisitoriale, une atteinte aux libertés (dixit un juge de Bobigny)
par Muriel Romana
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Dimanche 20 avril 2008
Le nouveau livre de Didier Nebot raconte l'histoire de jeunes filles juives sauvées pendant la guerre.
Didier Nebot est l'auteur notamment de deux livres qu'on ne peut pas lâcher: Le chemin de l'exil et Le dernier commandement. Cela ferait des films magnifiques.
par Muriel Romana
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Dimanche 20 avril 2008
Sortie d'un livre à propos de ce personnage contestable, Napoléon, ou plutôt à propos du dernier voyage de ses cendres, écrit par Patrick Tudoret, éminent admirateur de l'empereur. Je ne l'ai pas encore lu mais en voici quelques commentaires :
"Patrick Tudoret a réussi un livre brillant, enlevé, relecture d'une page
méconnue de notre histoire nationale (l'incroyable épopée du Retour des
Cendres de Napoléon 1er), qu'il intègre avec érudition dans le contexte
politique, artistique ou littéraire de l'époque", Jean-Claude Perrier,
LIVRES-HEBDO
Site de Patrick Tudoret

En plus, c'est un ami !
















PS: Pff ! J'ai même réussi à mettre une image et un lien !
par Muriel Romana
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