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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 13:38

Lola Lafon nous donne à revivre une époque révolue, celle de l'émerveillement devant Nadia Comaneci, gamine progieuse à laquelle les petites filles du monde entier rêvaient, et la guerre froide, avec ses certitudes rassurantes qui dessinait le bien et le mal en bleu et en rouge.

Je reprends une réflexion qu'elle a à propos de son écriture :

 

Inclure des passages sur la Roumanie dans le roman, ça ne s’est pas décidé tout de suite, ça a pris plusieurs mois. "J’étais en Roumanie pour écrire. Quand je voyais mes amis là-bas, ce qu’ils me racontaient me semblait tellement contredire ma documentation que je l’ai mis en scène. Moi j’étais armée avec tous mes bouquins et je rencontre des gens de moins de 30 ans qui n’ont pas vraiment vécu cette époque et qui en ont une nostalgie incroyable. On a toujours la nostalgie de son enfance, mais surtout ils en bavent tellement aujourd’hui. Ils me disent «moi mes parents ils partaient en vacances, ils allaient au resto, nous on doit payer nos études et on n’a pas les moyens, on peut pas sortir de toutes façons parce qu’on n’a pas d’argent». Il y a un énorme H&M au centre de Bucarest, j’ai l’impression qu’il est tout le temps vide. Ces propos venaient contredire la narratrice, c’est vraiment la mise en scène du processus d’écriture. La confrontation entre la documentation et le réel. Et la voix de Nadia, c’est un peu la mienne. Je lui prends la main."

 

En effet, à la lecture de l'échange entre la narratrice-auteur et Nadia, on a l'impression de décrypter les contradictions et les allers-retours du processus d'écriture.

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