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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 16:28

Un article paru dans "La voix du Nord" relate le parcours d'une jeune fille qui écrit des livres. Ses parents ont créé une maison d'édition pour les publier. Les ventes permettraient de faire vivre toute la famille! On comprend, dans l'article, que les parents s'investissent largement dans la diffusion des livres, notamment en sillonnant les salons et hypermarchés en camping-car. Parmi les inconvénient : trouver de la place pour stocker les palettes de livres...

La leçon à retenir pour tous les auteurs que ce succès fait rêver est que l'auteure bénéficie d'un soutien important en termes de ce que l'on peut appeler : force de vente, logistique, gestion des ventes et des commandes, marketing. Ses deux parents s'y sont mis, et on imagine qu'ils ne chôment pas!

N'oublions pas que, si, dans la chaîne du livre, c'est l'auteur qui la fait vivre financièrement, l'inverse est également vrai.

Danaé Filleur, 16 ans, auteur à succès, le bac en poche sans jamais être allée à l’école (VIDÉO)

Par CECILE THIEBAUT

Au lendemain des résultats du bac, nous sommes allés à la rencontre du phénomène Danaé Filleur: une jeune fille de 16 ans, qui a réussi son bac avec mention très bien, après avoir passé toute sa scolarité à la maison. Pas mal. Mieux encore: elle fait déjà vivre toute sa petite famille, grâce à ses livres pour la jeunesse qui ont déjà séduit 25 000 fidèles lecteurs. Son prochain ouvrage, la Belle et la bête, sortira en octobre.

Ce lundi matin, dans la fermette familiale de la rue d’Hergnies à Flines-lez-Mortagne, Odile, Fabien et leur fille Danaé Filleur sont dans les cartons. Un déménagement se prépare, direction la Haute-Marne. Sans plus d’émotion que cela pour la famille qui vit, depuis longtemps, sur le mode bourlingueur. Ils ont trouvé là-bas une maison plus grande, où pouvoir stocker les palettes entières des livres de Danaé. Car la jeune fille écrit depuis l’âge de 10 ans. Et papa et maman gèrent depuis deux an et demi la maison d’édition, au point d’avoir quitté, sans regret, leur travail. « La carrière professionnelle, on s’en moque (…) On a démissionné tant de fois, explique tout de go Fabien Filleur. La valeur, la plus importante pour nous, c’est la famille ».

Pour les Filleur, garder Danaé à la maison – elle n’a jamais fréquenté l’école, c’était lui offrir un espace de liberté propice à son épanouissement. C’est vrai, le papa, dyslexique, n’a pas trop accroché avec les études : il a arrêté en troisième. En situation d’échec scolaire. L’armée lui donnera le goût d’apprendre, et comme l’homme est du genre passionné et touche-à-tout, il s’est investi à fond dans divers métiers : sous-officier, maréchal-ferrant…, et même, comble pour un ancien cancre, enseignant pédagogique. Parcours plus traditionnel pour la maman, Odile Filleur, détentrice d’un DUT en gestion. Il faut dire que son père Jean-Louis Noyelle, ancien principal du collège Marie-Curie de Saint-Amand, n’était pas du genre à la lâcher dans la vie active sans bagages – pas plus du reste, sa mère, une ancienne professeur de mathématiques.

Pas figés sur leurs principes, les parents de Danaé lui ont, en fait, laissé le choix. « Je préférais rester à la maison, et travailler à mon rythme… Pouvoir aller courir quand je veux avec mes chiens, ou faire du vélo avec Bracchio (son cheval). L’école, c’était trop encadré pour moi », explique la jeune fille, qui a expérimenté une journée de rentrée en 6e. « Stressant… Il fallait courir d’une salle à l’autre », se souvient-elle. À l’école, elle ne remettra plus jamais les pieds, si ce n’est pour passer ses examens.

Obtenir le bac avec mention très bien, et des notes à faire pâlir d’envie nombre de lycéens, cela a été « une vraie surprise » pour toute la famille. « On visait les 10, en se disant qu’avec 8, ça devrait passer (Danaé avait eu 20/20 en français l’année dernière) », raconte Fabien Filleur, qui n’en revient toujours pas de la performance de sa fille. Il faut dire qu’elle ne s’était mise à réviser sérieusement que dix semaines avant les épreuves, apprenant au passage l’espagnol et le tennis de table. Il y a encore an, une inspectrice envoyée par l’Éducation nationale (laquelle a fait des contrôles réguliers à la maison), lui avait prédit les pires malheurs en espagnol : « Mais vous allez avoir une mauvaise note ». Danaé, vendredi, a obtenu 20/20 dans cette matière… « On n’a fait que suivre et développer son envie »

Une réussite obtenue grâce à son talent, une bonne mémoire, mais aussi et surtout du travail : jusqu’à dix heures par jour de révisions durant ces dix semaines. Danaé pouvait aussi compter sur ses acquis, ses qualités littéraires, qu’elle exploite déjà professionnellement depuis ses 12 ans, et la sortie de son premier opus, le Clan des équidés. Des histoires pour la jeunesse déclinées sous deux formes, une pour les jeunes lecteurs, une autre pour les ados (et adultes, qui apprécient aussi). Son plus gros succès à ce jour, le tome A de Tous au galop s’est vendu à plus de 5 000 exemplaires. Crinière noire et patte de velours a, lui, séduit enseignants et orthophonistes, qui l’utilisent à des fins pédagogiques. En projet actuellement, un nouvel opus pour la collection Foin (adaptée pour les primaires), la Belle et la Bête, prévu pour octobre (Danaé en parle dans notre vidéo) ; mais aussi un DVD pour ceux qui ont dû mal à aller vers la lecture… Et même une traduction en anglais de Crinière noire et patte de velours, réalisée par Danaé bien sûr, elle qui a cartonné en anglais littéraire au bac (19/20). La réussite scolaire de Danaé a aussi donné une idée à la famille : écrire un manuel pour expliquer leur méthode, basée sur des principes simples, comme « donner l’envie d’apprendre » ou « respecter le rythme de l’enfant ».

Le bac en poche, la jeune fille va, du reste, pouvoir, aujourd’hui, entièrement se consacrer à sa vie d’auteure, ce qu’elle a toujours souhaité. « On n’a fait que suivre et développer son envie », commente la maman, qui ne regrette pas d’avoir créé cette maison d’édition ni le temps passé en camping-car pour assurer les séances de dédicaces, dans les hypermarchés et autres salons du livre, partout au nord de Paris. Objectif : 10 000 livres à vendre par an, pour rentabiliser l’affaire et faire vivre la famille. Et ça marche ! Les lecteurs de Danaé en redemandent. La jeune fille se tient à l’affût de leurs attentes, communique avec eux par mail ou via les réseaux sociaux. Ce contact, ces rencontres ont favorisé son épanouissement. Pour Danaé, passionnée de lecture depuis son plus jeune âge, sa plus grande satisfaction est d’amener à la lecture des enfants qui n’y seraient pas allés sans elle. Comme ce garçon, qui dans un hyper, s’est assis et a dévoré une histoire du Clan des équidés. Sa mère, paraît-il, n’en revient toujours : il n’aimait pas les livres, avant.

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