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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 17:38

Guillaume de Rubrouck, moine explorateur et précurseur de Marco Polo. Je n'ai pas pu résister à en faire un personnage de "La caravane de Venise". Il est méconnu, aussi quand on parle de lui, c'est comme de retrouver un ami.

A lire ci-dessous ou sur le blog :

http://sylvielasserre.blog.lemonde.fr/2010/05/08/guillaume-de-rubrouck-grand-reporter-espion-et-ethnologue-avant-lheure/#xtor=RSS-32280322

 

08 mai 2010

rubrouck.1272814534.jpgEt digne ancêtre d’Albert Londres…

En l’an 1253, Guillaume de Rubrouck, frère franciscain, est envoyé en Mongolie par Louis IX. Il ira nus pieds, endurera les pires souffrances et rentrera deux ans plus tard, sans son compagnon Barthélémy de Crémone, épuisé au point d’avoir renoncé à affronter le voyage du retour.

Rubrouck relatera sa mission au roi Saint-Louis dans un récit truculent. Voici un extrait que je vous fais partager car je le trouve assez comique : si l’un d’entre vous réussit à comprendre comment sont coiffés les “Tartares” (les Mongols), qu’il me l’explique :-) !

“De la façon dont les hommes se rasent, et des ornemens des femmes

Les hommes se rasent un petit carré sur le haut de la tête, et font descendre leurs cheveux du haut jusques sur les tempes de part et d’autre. Ils se rasent aussi les tempes et le col, puis le front jusqu’à la nuque, et laissent une touffe de cheveux, qui leur descend jusque sur les sourcils : au côté du derrière de la tête ils laissent des cheveux dont ils font des tresses, qu’ils laissent pendre jusque sur les oreilles.

L’habillement des filles ne diffère guère de celui des hommes, sinon qu’il est un peu plus long ; mais le lendemain qu’une fille est mariée, elle se coupe les cheveux de la moitié de la tête au devant jusques sur le front, et porte une tunique, comme celle de nos religieuses, mais un peu plus longue et plus large de tout sens, fendue par devant, et attachée sous le côté droit : en cela les Tartares sont différens des Turcs de ce que ceux-ci attachent leurs vestes du côté gauche, et les Tartares toujours du droit. Les femmes ont un ornement de tête qu’ils appellent botta, fait d’écorce d’arbre, ou autre matière, la plus légère qu’ils peuvent trouver : cette coiffure est grosse et ronde, tant que les deux mains peuvent embrasser, sa longueur est une coudée, et plus, carrée par haut comme le chapiteau d’une colonne. Elles couvrent cette coiffure qui est vide par dedans d’un taffetas ou autre étoffe de soie fort riche. Sur ce carré ou chapiteau du milieu ils mettent comme des tuyaux de plumes ou de cannes fort déliées, de la longueur d’une coudée et plus ; elles enrichissent cela par le haut de plumes de paon, et tout à l’entour de queues de malart (1), aussi bien que de pierres précieuses. Les grandes dames mettent cet ornement sur le haut de la tête, qu’elles serrent fort étroitement avec une certaine coiffe qui a une ouverture en haut, et là elles ramassent tous leurs cheveux depuis le derrière de la tête jusqu’au sommet, en forme de noeud, puis les mettent sous cette coiffure qu’elles attachent bien serrée, par-dessous le menton. Si bien que quand on voit de loin ces femmes allant à cheval en cet habillement de tête, il semble que ce soient des gens d’armes, portant le casque et la lance levée. Elles vont à cheval comme les hommes, jambe deçà, jambe delà ; elles lient leurs robes retroussées sur les reins avec des rubans de soie de couleur de bleu céleste, et d’une autre bande ou ceinture, les serrent au dessous du sein, attachant une autre pièce blanche au dessous des yeux, qui leur descend jusqu’à la poitrine. Elles sont toutes fort grasses ; cette graisse les rend difformes du visage principalement. Quand elles sont accouchées, elles ne demeurent jamais au lit. “

(1) canard mâle.

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